Le 10 octobre 2026, un groupe de pirates a affirmé sur un forum cybercriminel avoir dérobé des données d'Infogreffe. Le 12 octobre, l'organisme a confirmé un incident de cybersécurité.
Ce que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas
Infogreffe est le service en ligne des greffes des tribunaux de commerce. Presque toutes les entreprises l'utilisent : pour obtenir un extrait Kbis, déposer des comptes ou faire une formalité.
Selon Infogreffe, l'incident touche une plateforme encore en cours de développement. L'organisme dit n'avoir constaté aucun impact sur ses services en production. Il dit aussi n'avoir trouvé ni donnée métier des greffes ni mot de passe d'utilisateur dans les éléments publiés. Une cellule de crise a été activée et l'enquête continue.
Les pirates, eux, annoncent plus de 3,7 millions de lignes de données. Infogreffe ne valide pas ce chiffre. Le site spécialisé Fuites Infos a analysé un échantillon : on y trouve notamment des adresses e-mail utilisées pour se connecter, mais aucun mot de passe en clair.
Pourquoi un dirigeant de PME doit-il s'en soucier ?
Le risque principal ne vient pas forcément de la fuite elle-même. Il vient de ce qu'elle permet ensuite : l'hameçonnage (ou phishing). C'est un faux message qui imite un organisme connu pour vous faire cliquer, payer ou donner vos identifiants.
Un e-mail qui semble venir du greffe inspire confiance. Il peut parler d'une formalité urgente, d'une pénalité ou d'un document à régulariser. Avec quelques adresses réelles, un fraudeur peut rendre ce message très crédible.
Les bons réflexes à adopter dès maintenant
- Ne cliquez pas sur les liens reçus par e-mail. Pour toute démarche, tapez vous-même l'adresse du site officiel ou passez par l'application officielle.
- Changez le mot de passe de votre compte Infogreffe par précaution. Faites de même partout où vous utilisez ce même mot de passe.
- Activez la double authentification quand elle est proposée. Elle ajoute une deuxième vérification, par exemple un code reçu sur votre téléphone.
- Fixez une règle simple pour les paiements. Toute demande de virement inhabituelle ou urgente doit être vérifiée par un appel, à un numéro que vous connaissez déjà.
- Prévenez vos équipes. La comptabilité, l'assistance de direction et les personnes qui gèrent les formalités sont les premières visées.
- Sachez où demander de l'aide. Le dispositif public cybermalveillance.gouv.fr accompagne gratuitement les victimes.
Et après ?
L'ampleur réelle de l'incident n'est pas encore établie. Il est donc inutile de céder à l'inquiétude. En revanche, c'est le bon moment pour rappeler à chacun une règle de base : en cas de doute sur un message, on vérifie par un autre canal avant d'agir.
Ces réflexes ne coûtent presque rien. Ils protègent votre entreprise contre cette fraude, et contre toutes celles qui suivront.
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